Grandir ensemble

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Fratrie et colères

Lors de l'émission de radio "Lorsque l'enfant paraît" que Françoise Dolto a animé sur France Inter, en compagnie de Jacques Pradel, entre 1976 et 1978, la psychanalyste pour enfants répondait aux lettres envoyés par des parents qui se posaient des questions sur l'éducation. L'ouvrage en 3 tomes intitulé Lorsque l'enfant paraît retranscrit certains moments de cette émission.

 

Lorsque l'enfant paraît, Françoise Dolto, éditions du Seuil, 1977, tome I, p. 91-92 :

 

Jacques Pradel : "[...] Il y a des parents qui sont inquiets de ce qu'ils appellent des "colères". Voici la lettre d'une mère de trois garçons, l'un de 7 ans 1/2, l'autre de 4 ans et le troisième de 2 ans. Le plus jeune, depuis qu'il sait marcher, est devenu, paraît-il, très coléreux, très exigeant, il veut absolument irriter ses frères tout au long de la journée. Cette mère vous demande quelle est l'attitude à adopter face à une colère qui prend des proportions considérables : "Que faut-il faire pour faire passer une colère d'enfant ? Est-ce qu'on peut tenter d'éviter les scènes en étant très conciliant ? Est-ce qu'on ne va pas l'être trop?" [...]"

 

Françoise Dolto : "[...] Je crois que dans cette famille, mine de rien, ce doit être le second qui porte sur les nerfs du petit, et qui s'arrange pour qu'il fasse des colères parce que lui-même, il doit encore en être jaloux... Etre le second, c'est difficile comme place. Le second voudrait certainement garder une entente privilégiée avec l'aîné et isoler d'eux (ou de l'aîné) le troisième. C'est très difficile, trois garçons. Le second doit imposer, sans qu'on s'en aperçoive, au troisième une place de vraiment petit. Et ce petit est mis tout le temps en position d'infériorité par les autres, parce qu'il ne peut pas jouer avec eux. La mère pourrait arranger beaucoup de choses en s'intéressant davantage au plus jeune, non pour être "conciliante" avec lui mais pour le développer.

Et puis, autre chose : ça arrive tout bonnement, que des enfants soient coléreux. Qu'elle cherche dans la famille s'il n'y a pas quelqu'un d'autre qui est aussi coléreux."

 

J. P. : "Elle le dit dans sa lettre : "Mon mari, quand il était enfant était extrêmement coléreux."

 

F. D. : "Alors, il faut le dire à cet enfant. Il faut que ce soit le père qui le lui dise : "Quand j'étais petit, j'étais comme toi : je me mettais facilement en colère et j'ai compris que cela ne me faisait pas des amis, je me suis donné beaucoup de mal pour me vaincre. Tu y arriveras aussi." Il peut y avoir justement intérêt à ce que le père s'occupe, lui, davantage, et sans le culpabiliser, de ce fils, puisqu'il se reconnaît en lui. [...]"

 



06/06/2018
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